Tarte au Citron#M

Tarte au Citron est le fruit d’une réflexion commune entre Amira Chebli et Marion
Blondeau qui s’articule autour du corps des femmes, sa représentation, son
vécu et sa parole silencieuse. La nécessité de ce projet s’est fait sentir suite à la
difficulté de s’identifier au paysage féministe contemporain. L’élan intuitif étant
d’investir la question féministe à partir du corps, non pas dans son objetisation
mais dans son ressenti de lui même.
Afin d’ouvrir le projet à d’autres voix de femmes, ainsi que de mettre en relief
la pluralité des positionnement et des approches féministes, les deux jeunes
femmes ont imaginé un concept participatif. La réalisatrice Fatma Cherif les a
rejoints, et toutes trois ont articulé un dispositif vidéo, permettant l’expression
de ces voix diverses récoltées à travers des portraits cinématographiques “dansés
et parlés”. De Tunis à Paris, Fatma Cherif propose à chacune de ces femmes
une heure d’interview, où ensemble elles malaxent l’intime, faisant le choix de
distancer dans un premier temps le politique. Elle propose ensuite de manière
semi-guidée à ces femmes de prendre l’espace avec leur corps.

 

 

La première question du dispositif de tournage étant :
QUAND AS TU COMPRIS QUE TU ÉTAIS UNE FEMME ?
Au fil du parcours, Marion Blondeau décide d’en créer un solo. Son écriture
s’appuie sur ces recueils cinématographiques, tout en se prêtant elle même au
jeu de l’interview de Fatma. Tarte au citron devient l’expression d’une polyphonie
de femmes à travers différents médiums :
> Tarte au Citron#F est constitué des différents portraits “parlés et dansés”
réalisés par Fatma Cherif, sous forme d’installation vidéo, visibles dans le hall
des théâtres constistuant une “mise en bouche” au travail du solo.
> Tarte au Citron#M le solo de Marion Blondeau

 

Le processus de création de Tarte au Citron#M s’articule autour de l’écriture
d’une intimité difficile à laisser émerger. La voix du dedans, la voix du ressenti.
Tarte au Citron#M pose en filigrane les questions acides et amères autour de
l’être femme, de sa discrimination, de son rapport à sa représentation, ainsi que
de l’accès à sa parole intime.
Le plateau est habillé d’un tapis blanc remontant au lointain en hauteur, créant
comme un cocon, un espace délicat pour essayer de dire. C’est aussi une page
blanche où écrire cette vulnérabilité, et certainement laisser émerger une certaine
force.
Avec toujours cette même question : Quand est- ce que tu as compris que tu
étais une femme ?